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L‘ « Option ICC » à l’UMONS: une porte d’entrée vers les industries créatives et culturelles

Vous avez envie de travailler sur un projet concret dans le domaine de l’image, du son, de la réalité virtuelle ou augmentée, du gaming, en adoptant une démarche de type hackaton(s) et en poussant l’exercice jusqu’à l’étude de marché et le business plan, mais vous pensez n’avoir pas toutes les compétences pour le faire ?

L’UMONS a créé en 2015 une « option ICC » inter-facultaire, pour permettre aux étudiants UMONS ingénieurs, informaticiens, et ingénieurs commerciaux motivés de concevoir ensemble un produit créatif et d’en préparer une éventuelle commercialisation. Cette option permet aux étudiants de l’UMONS de participer directement à l’élan régional autour des industries créatives, en lien avec le projet FEDER DigiSTORM emmené par les instituts NUMEDIART et HUMANORG pour la période 2015-2022.

ICC ? Option ICC ? Partenaires Témoingnages

« ICC » ?

Le terme « Industries créatives et culturelles » (ICC) recouvre toute l’activité industrielle qui touche à la création et à l’accès (production et commercialisation) de contenus créatifs de nature culturelle et immatérielle. (Pour plus d’infos).

Selon une étude Européenne, les ICC « représentent 4,3% du PIB de l’Union, près de 7.1 millions d’emplois, essentiellement dans de petites entreprises. La culture est ainsi l’un des plus grands espoirs de l’Europe. Les emplois qu’elle génère ne sont généralement pas délocalisables, ils sollicitent une palette de talents rares et souvent jeunes de notre continent, ils se tournent vers le numérique qui promet de nouveaux potentiels de croissance » (Martin Schulz, président du parlement EU, 2014 : http://www.ey.com/Publication/vwLUAssets/Measuring_cultural_and_creative_markets_in_the_EU/$FILE/Creating-Growth.pdf )

 

Ces emplois se répartissent entre plusieurs secteurs (spectacle vivant, arts visuels, musique, publicité, livres, cinéma, TV architecture, journaux, jeux, et radio), qui ont comme point commun que l’implication des technologies numériques y est de plus en plus importante.

De façon tout à fait paradoxale, le taux d’emploi est très variable entre les régions européennes. Sur la carte ci-dessous, qui date de 2009, on retrouve tout naturellement une forte concentration autour des capitales (avec un record autour d’Helsinki), mais certaines régions (comme la Wallonie) sont sous-représentées. Cette constatation a conduit nos dirigeants à impulser des actions de soutien, notamment le programme Creative Wallonia en Région Wallonne (http://www.creativewallonia.be/), ou l’agence Picatanovo dans la région lilloise (http://www.pictanovo.com/). C’est également dans cet esprit que travaille depuis 2007 l’Institut NUMEDIART de l’UMONS (www.numediart.org).

Une « option ICC » ?

Une autre caractéristique des ICC est liée à la multiplicité des talents nécessaires au lancement d’une activité industrielle créative. La création d’une startup dans le domaine du jeu vidéo, pour prendre un exemple simple, requiert typiquement la collaboration entre graphiste, game designer, informaticien, économiste, et ingénieur. Dans cette perspective, nous avons voulu, à l’UMONS, offrir aux étudiants de Master intéressés par les ICC une occasion de travailler ensemble depuis plusieurs formations différentes, afin de favoriser l’éclosion de projets multidisciplinaires. C’est le sens de l’ « Option ICC », qui sera déclinée différemment en fonction des formations vu les contraintes de programme et d’horaires propres à chacune, mais comprendra toujours un point central : la mise au point d’un projet ICC en commun et l‘accès à quelques cours interfacultaires, dont des séminaires proposés par des acteurs de terrain. En particulier, tous les étudiants passent en début d’année (tous les vendredis matin) par le « cours d’Entrepreneuriat, créativité et modèles d’affaires » donné à la Faculté Warocqué depuis de nombreuses années dans le cadre du programme « Entrepreneurs 3.0 ». Ce « cours » est en réalité constitué d’une suite de séances de coaching et de team building, coorganisées avec La Maison de l’Entreprise (https://www.youtube.com/watch?v=GpAHBQ4J9iY). Son but est de susciter l’esprit d’entreprendre chez les étudiants, en les faisant travailler sur un projet personnel. Dans le cadre de l’option ICC, les projets seront des projets d’entreprise liés à un produit créatif innovant.

En 2016-2017, le « option ICC » est accessible aux étudiants FPMs/MA1 ELEC, FS/MA1 INFO, et FWEG.

Pour les futurs ingénieurs électriciens (FPMs), l’option ICC est accessible en MA1 et correspond aux choix suivants :

  • Choisir l’option « Information processing and Internet of Things » et réaliser un projet (10 crédits, Q1 et Q2), dont le thème est libre et sera finalisé dans le cadre du cours «Entrepreneuriat, créativité et modèles d’affaires » (début de Q1)
  • Choisir les crédits d’ouverture SHES suivants :
    •        Entrepreneuriat, créativité et modèles d’affaires (FWEG, 4 crédits Q1)
    •        Séminaires en industries créatives et culturelles (FPMs, 1 crédit, Q2)
  • Ou
    • Management de la cocréation (FPMs, 5 crédits Q1)
    • Séminaires en industries créatives et culturelles (FPMs, 1 crédit, Q2)

Ce parcours peut être complété par un stage industriel en ICC, qui peut être suivi d’un TFE dans une ICC partenaire de l’UMONS.

Pour les futurs informaticiens (FS/INFO), l’option ICC est accessible en MA1 et est intitulée « Option Inter-facultaire Industries Culturelles et Créatives » et comprend :

  • Entrepreneuriat, créativité et modèles d’affaires (FWEG, 4 crédits Q1)
  • Un projet d’informatique orienté ICC (FS, 8 crédits, Q1&2)
  • Marketing en ligne et co-création (FPMs, 3 crédits, Q1)
  • Séminaires en industries créatives et culturelles (1 crédit, Q2)

Pour les futurs ingénieurs commerciaux (FWEG), l’option ICC est accessible en MA1 via le « Module de spécialisation Entrepreneuriat », qui comprend :

  • Entrepreneuriat, créativité et modèles d’affaires (FWEG, 4 crédits Q1)
  • Entrepreneuriat, business plan et plan financier (FWEG, 6 crédits)

Dans ce second cours les étudiants de la FWEG qui auront choisi un projet en commun avec des étudiants FPMs ou FS pourront étudier le business plan et le plan financier du produit créatif et innovant qui sera étudié techniquement en parallèle par leurs condisciples.

Dès 2017-2018, l’option ICC sera également disponible en MA2 FPMs/IG.

ICC partenaires

Plusieurs ICC ont accepté de nous soutenir en participant par exemple aux séminaires ICC.

Témoignages

Bien que l’Option ICC soit une initiative nouvelle, certains alumni FPMs, FS ou FWEG ont pu se frayer un chemin dans ce secteur industriel. Ils nous donnent ici leur témoignage.

Jonathann Mingoia (alumni FWEG)

C’est avec le statut d’Indépendant-étudiant fraichement obtenu que j’ai entamé mes études d’Ingénieur de gestion à Warocqué. Lors de mes premiers pas à la faculté, je n’avais pas de réelle visibilité sur les pistes de carrières proposées à l’issu de cette formation. Ce qui est par contre devenu rapidement évident, c’est que mon enthousiasme pour les cours d’économie et de management était bien perceptible.

En deuxième année alors que nous suivions avec mon ami et actuel associé Angelo Geraci un cours intitulé “Recherche d’informations sur Internet”, nous nous sommes interrogés sur la manière dont les entreprises Wallonnes utilisaient Internet pour améliorer leurs bases de connaissance. Nous avons dès lors, animés par notre curiosité entrepreneuriale, lancé une étude de marché, indépendamment à nos cours, pour évaluer si une offre de service pouvait répondre à un besoin existant sur le marché. Les signaux reçus à travers cette étude étant positifs, nous souhaitions avancer et concrétiser la création de notre entreprise.

A cette même période, la création d’un cours appelé “Chaire en entrepreneuriat”, que nous avons pu suivre anticipativement car destiné à des étudiants qui étaient dans l’année supérieure, a joué un rôle crucial dans notre démarche entrepreneurial. Ce dernier nous a permis de manière très concrète de réfléchir sur les différents aspects qui entourent la création d’une offre à destination du marché. La confrontation de notre produit à divers experts et entrepreneurs déjà établis a mis en évidence les faiblesses du business model imaginé et nous a ainsi permis d’éviter le lancement d’une société qui répondait bien à une demande mais dont la pérennité financière présentait des risques importants.

Notre envie d’entreprendre a-t-elle été ébranlée ? Que du contraire, cette expérience a boosté notre enthousiasme car dorénavant muni de plus d’outils pour analyser, d’une meilleure compréhension des points clés à intégrer et d’une série d’expérience partagée, nous avions fait un pas considérable vers l’avant.

A la fin de notre première année de Master, notre première société WebVeille a vu le jour pour proposer aux entreprises des services de gestion de la réputation numérique. Aujourd’hui, WebVeille compte près de 10 collaborateurs et travaille avec de grandes marques dans divers secteurs. Une deuxième société SoPRISM a également été fondée en 2014 pour offrir au marché une solution de « predictive marketing » basée sur l’interaction des utilisateurs sur les réseaux sociaux. Notre environnement était peu favorable à l’entreprenariat mais la passion de créer, la patience de recommencer et la persévérance ont permis que ces différentes étapes se succèdent. Comme disait Antoine Riboud : “La passion fournit les arguments incontestables pour contourner les obstacles.”

Aurélien Malisart (alumni FS/Info)

Je suis sorti en 2009 d’un Master en Sciences Informatiques à l’UMONS. Pensant me lancer en tant qu’indépendant depuis quelques mois, j’ai décidé de suivre le module Entreprenariat organisé à la Faculté Warocqué. Celui-ci m’a poussé à continuer dans cette direction en m’informant sur les avantages et les inconvénients de la gestion d’un business. Au niveau de la gestion, et surtout du côté commercial.

Avec deux amis rencontrés à l’UMONS, nous avons créé une petite société d’informatique dès notre sortie. Depuis, la structure a changé mais nous collaborons toujours beaucoup. Nous avons évolué en parallèle, chacun dans sa propre société, en s’entraidant quotidiennement dans le bureau que nous partageons.

Ma société, Phonoid, basée à Mons, est spécialisée dans le développement d’intranets et interfaces de gestion pour les petites et moyennes entreprises. Nous sommes actifs en Belgique et dans diverses régions de la France.

J’ai pu faire des rencontres clé lors de mes études à l’UMONS.

Etant suivi par des gens de diverses sections, et donc pas uniquement par des informaticiens, le module Entrepreneuriat m’a semblé intéressant car il permettait de confronter des points de vue assez variés au sein du groupe de personnes suivant les cours. Il était fort diversifié puisque des intervenants extérieurs venaient y ajouter des informations de terrain.

Sébastien Millecam (alumni FPMs)

Je suis originaire de Mouscron. Après avoir fait des primaires en Flandre pour être bilingue, je suis repassé du côté wallon pour faire mes secondaires à Mouscron (Collège sainte Marie) et à Tournai (Athénée Royal Jules Bara). J’ai ensuite fait Polytech à Mons avec la finalité Informatique et Gestion.
J’ai eu l’idée de BattleKart en septembre 2010, dans le train entre Mouscron et Tournai, un dimanche soir en retournant à Mons kot. J’ai participé au concours Start Academy où j’ai passé le premier éliminatoire mais où le second a été un échec en raison de slides préparés en dernière minute dans le train. J’ai alors compris qu’une idée, aussi intéressante soit-elle, ne valait rien si elle n’était pas bien expliquée.
Lors de ma 4ème année, j’ai fait évoluer l’idée dans ma tête et la perspective d’en faire mon métier m’est apparue de plus en plus évidente. J’ai alors convaincu mes profs de me laisser choisir ce sujet pour les différents projets à venir : projet de Marketing, Umons Entrepreneurs, travail de fin d’études.
Le travail de fin d’études consistait à réaliser une version miniature du projet. J’ai fabriqué deux voitures téléguidées pilotées par des tablettes tactiles qui roulaient dans un environnement BattleKart. La charge de travail a été énorme : designer des voitures, les construire, développer le programme du microcontrôleur embarqué dans les voitures, développer le programme qui transforme les tablettes tactiles en télécommandes, développer le programme qui génère l’image pour le vidéoprojecteur, développer le système de localisation, développer le programme qui fait communiquer tout ça, et enfin, écrire un rapport qui explique tout ça.
Cette charge de travail m’a poussé à présenter mon TFE au mois d’août 2012 et j’ai obtenu un 19/20 !
En attendant, pendant la session de juin, alors que j’étais censé étudier pour les quelques cours du second quadrimestre, j’ai passé mes nuits à dessiner ce à quoi ressemblerait un BattleKart en 3D et à réaliser une animation 3D expliquant son fonctionnement et les bonus. J’allais participer à l’Award AIMs (Award de l’association des Ingénieurs de Mons) fin juin et je considérais ce concours comme un test pour savoir si oui ou non, à 23 ans et sans aucune expérience j’allais me lancer corps et âme dans ce projet ou si je devais me trouver un autre job en sortant des études. La motivation était donc très importante. Lors de la présentation à l’Award AIMs, au lieu de mettre mon animation 3D dans mes slides, j’ai mis mes slides dans mon animation 3D. Les slides étaient disposés sur le circuit 3D et la vue changeait pour aller d’un slide à l’autre. Ca contrastait avec les slides préparés dans le train en dernière minute de la Start Academy, et ça a payé (2500€)!
J’ai également utilisé l’animation 3D lors de l’Umons Entrepreneurs et ça a fait l’objet d’une vidéo remarquée par Ludovic qui m’a contacté. J’ai rencontré Ludovic le 4 juillet 2012 et lui ai présenté le projet, son fonctionnement. La version miniature fonctionnait et les plans de la version grandeur nature commerciale étaient faits…plus qu’à les mettre en œuvre.
En parallèle de mon TFE, j’avançais sur le côté entrepreneurial en faisant appel à un incubateur et en rencontrant des investisseurs potentiels, mais les voitures téléguidées n’ont pas suffi à les convaincre.
Qu’à cela ne tienne, on a acheté un kart et commencé à le modifier. Il nous fallait de l’argent donc j’ai été faire de la consultance pour faire rentrer de l’argent. On a créé une société pour organiser tout ça et un an après la sortie des études, en juillet 2013, nous avions une version de démonstration grandeur nature sur 400m² avec un kart. En attendant, comme nous cherchions de la visibilité, nous avons participé avec succès à d’autres concours.
Cette fois-ci, avec le prototype grandeur nature, les investisseurs se sont montrés autrement plus intéressés, tout comme les médias (JT RTL, JT RTBF, On n’est pas des pigeons sur RTBF, Icomme sur RTL…).
Intéresser les investisseurs était une chose, conclure les négociations une autre. Nous avons mis encore plus d’un an pour boucler le financement et trouver un bâtiment répondant à nos besoins et un peu plus de 6 mois d’installation.